L'entrepreneuriat à travers Twirl Golf

Cette semaine, nous vous proposons une nouvelle thématique : l’entrepreneuriat. Pour cela, partons à la découverte de Matthieu, qui s’est lancé il y a plus d’un an dans l’aventure “Twirl Golf”.

“ Après des études à Bordeaux, Barcelone et Paris, j’ai commencé mon parcours professionnel en 2013, chez Viadeo, ancien concurrent français de Linkedin, en tant que chargé de relations publiques et du blog corporate. J’ai donc mis directement les pieds dans l’univers startup parisien, en développant le discours de l’entreprise pour le positionner comme un outil indispensable au développement de sa vie pro ; qu’on veuille s’inscrire comme expert dans son domaine, qu’on cherche à vendre ses services ou encore qu’on cherche un stage ou un job. Beaucoup de types de profils et des belles histoires à raconter et ça me passionnait bien ! C’est ce qui m’a bien formé à m’adresser à une cible, avec le bon message et au bon moment. 

J’ai aussi créé un format de blog pour aller à la rencontre des autres startups de l’écosystème et j’ai assisté aux débuts des incubateurs de startups comme La Cantine, à l’éclosion du Petit Ballon, de Jimmy Fairly et j’ai été par exemple interviewer le directeur France d’Airbnb lors de l’ouverture de leurs bureaux parisiens, qu’ils avaient réaménagé comme un vrai appart. Du genre en salle de réunion dans une chambre d’ado, c’était plutôt cool. 

Une période de 3 ans vraiment top mais qui s’est arrêtée après des difficultés internes et la présence de plus en plus intense de Linkedin sur le marché français.

Alors il était temps de changer d’air, direction le Canada et Montréal en PVT pendant un an et demi, alternant entre piges de rédacteur de contenu et petits boulots. L’hiver et mon visa ayant eu raison de mon attachement à ce magnifique pays, j’ai fait un retour furtif à Bordeaux mi-2015 avant de filer à nouveau sur Paris bosser dans une startup liée aux solutions d’énergie pour les TPE PME.

Franchement pas passionnant, je me suis bien embêté et c’est là que l’idée de ma première boite a germé. Passionné de musique et ayant touché à l’organisation d’évènements chez Viadeo, j’ai lancé Club Nouveau fin 2017 avec un ami. Le concept : une agence musicale au service des particuliers et des entreprises. On avait une activité animation en tant que DJ et une partie création pour imaginer des ambiances musicales dans des lieux types bar, hôtels. On faisait les saisons de mariage et des events d’entreprises en tant que DJ et on proposait nos concepts de playlists. On sortait aussi des playlists sur notre insta toutes les semaines qui nous ont amené pas mal de contrats (toujours dispo ici btw). C’est à ce moment que je découvre le Node et son univers vraiment sympa pour lancer sa boîte et entreprendre ! 

Ça a duré 2 ans, notre aventure a bien marché et m’a appris plein de choses, entre autres imaginer des offres commerciales, se trouver des clients, créer un site internet, animer des réseaux sociaux, s’occuper de l’administratif. Mais on avait pas bien réfléchi à notre “pacte d’associés”, on était tous les deux sur le format de l’auto-entreprise et des différents nous ont amenés à nous séparer. Pas facile mais ça m’a enseigné plein de choses sur moi-même, sur mes capacités et sur mes limites. Et à posteriori, on s’est arrêtés quelques mois avant le Covid, qui nous aurait probablement torpillé.

Début 2020, je reprends un job en CDI dans une startup d’architecture et d’urbanisme en tant que Head of Communication. Un univers que je ne connaissais pas du tout mais une vision de boite séduisante qui propose aux collectivités des opérations de renouvellement urbain « en filière courte », et la création d’une offre nouvelle de logements « sur mesure », en s’appuyant sur la multitude de projets que peuvent porter les particuliers. En période d’essai quand le COVID est survenu, le poste a été un des premiers à sauter car il n’y avait simplement pas grand chose à se mettre sous la dent. Et le fit n’étant pas vraiment passé avec la direction, je n’ai pas eu beaucoup de regrets.

Les débuts de Twirl Golf 

Comme tout un chacun, je me suis posé la question : “Si tu survis à cette pandémie et que le monde part pas totalement en vrille, dans quoi veux- tu investir ton temps ?” Passionné de golf depuis 20 ans, connaissant bien le milieu et voulant depuis longtemps mettre un coup de jeune dans cette industrie un peu trop traditionnelle à mon goût, je suis reparti sur la piste de l’entrepreneuriat. J’avais déjà un produit en tête, qu’on appelle des couvre-clubs, qui servent à protéger certains clubs dans le sac du golfeur. La question se posait ensuite de savoir comment et avec quoi produire ces accessoires. 

Ayant grandi à Bordeaux, proche de la mer et avec une maison de famille à Lacanau, le surf fait aussi partie de la culture locale. Je me souviens avoir toujours vu des combinaisons trainer un peu partout, qui vieillissaient dans un coin et qui finissaient par être jetées pour faire de la place. En parallèle, en allant voir les clubs de surf, je me suis rendu compte qu’en fin de saison touristique, il y avait un tri qui s’opérait et qu’un bon nombre finissait à la poubelle. En me renseignant, j’ai trouvé une donnée : 32 tonnes de néoprène sont jetées chaque année en France. Pas de circuit de recyclage, directement enfoui ou brûlé. Cata écologiquement. 

Là, je me suis dit qu’il y avait un truc à faire. J’ai proposé à une école de surf d’en récupérer quelques-unes pour faire des tests avec un atelier de couture. Je suis allé voir un ESAT à Mérignac (un établissement qui emploie des personnes en situation de handicap) avec qui j’ai réalisé les premiers prototypes. En parallèle, il a fallu créer une marque. J’ai choisi le nom de Twirl Golf. “Twirl” est un mouvement, un gimmick qu’un joueur réalise quand il réussit un bon coup, il fait tournoyer son club dans ses mains. En anglais, ça veut aussi dire “rotation, tournoiement” et pour un projet circulaire comme le mien, ça fonctionne. Le produit c’est une chose mais la marque c’est aussi important. Le créneau hybride surf + golf m’a permis une liberté créative qui m’a beaucoup inspiré. Ce qui m’a le plus plu dans ce début d’aventure, ça a été de créer une histoire et des visuels autour du produit avec un univers mêlant sport, upcycling, économie circulaire & locale.

Après une phase de test avec cet atelier, en voyant un résultat convaincant, j’ai choisi un lancement via un crowdfunding sur Ulule en mai 2021 pour tester le marché et ça a fonctionné puisque le projet à atteint 110% de financement. De quoi lancer une première production. Et cette première production a été un sacré défi. J’avais trouvé ce premier atelier, fait des tests, j’étais prêt à donner le go. Mais cet atelier m’a lâché une semaine après la fin du crowdfunding... Et ça a été un gros coup de stress puisqu’il a fallu repartir de zéro et en trouver un nouveau, tout ça juste avant l’été, en ayant des gens qui avaient déjà acheté et à qui j’avais promis une livraison dans des délais raisonnables... 

Le néoprène étant une matière difficile à coudre (ne sortant pas d’un rouleau de tissu classique), les ateliers ne courent pas les rues et le référencement web laisse à désirer. Mais à force de passer des coups de fil en mode urgence, j’ai trouvé une couturière dans les Landes qui réparait les combinaisons et qui acceptait le challenge. Un ouf de soulagement de mon côté mais il a fallu repartir de zéro et refaire des prototypes, changer 1000 choses qui ont généré pas mal de frais en plus. Donc je dirais que le challenge a été de ne pas paniquer, d’accepter que ma production aurait du retard et de bien tenir au courant ma communauté de contributeurs pour ne pas créer de frustration.

Malgré tout, le résultat final de cette première production s’est avéré super positif et les contributeurs ont été compréhensifs. Je retiens la satisfaction de ces premiers clients une fois le produit dans leurs mains et je crois que c’est les retours de leur part qui m’ont fait le plus plaisir. Voir les produits de temps en temps sur des stories Instagram et me dire que c’est sorti de ma tête, ça fait un truc.

Après la livraisons du premier batch, c’est un nouveau défi qui attend Twirl, à savoir la distribution à plus grande échelle. Il y a des bonnes pistes en B2B actuellement qu’il faut concrétiser dans des enseignes reconnues et puis en parallèle tout faire pour que le site e-commerce tourne à plein régime. Il faut aussi solidifier la partie production, toujours être à l'affût de nouvelles pistes et puis le chantier principal actuellement est de développer la gamme d’accessoires pour couvrir plus de besoins. J’ai lancé une étude de co-création sur le modèle de marque de prêt à porter, qui est je crois un bon moyen d’avancer sans trop se tromper et sans sur produire.

L'apport du numérique

Je pense que le numérique m’a permis de solliciter une communauté en ligne que j’aurais eu du mal à trouver à part faire du porte à porte. On a des outils vraiment super pour se faire connaître maintenant, on peut développer plein de compétences si on y passe du temps et qu’on cherche la solution par soi-même. Ceci dit, la leçon que j’essaie d’intégrer en ce moment est de réaliser que je ne peux pas être bon partout et qu’il faut que je passe le step pour demander de l’aide au lieu de tourner en rond dans ma tête et de stresser.

L’asso’ Aquinum a été un support pour moi, rien qu’avec l’espace de coworking, qui permet clairement de briser l’isolement que j’ai pu rencontrer en montant un projet tout seul. Le simple fait de prendre un café, discuter de problématiques de boulot ou de parler de tout autre chose, ça fait se sentir entouré. J’arrive à être plus productif qu’à la maison c’est certain."

Lien vers le site : www.twirlgolfcompany.com

Lien vers insta : https://www.instagram.com/twirlgolfcompany/

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